Les moments détestables pour les prières

Il a été déjà fait au passage allusion à certains moments détestables de prier au cours de la journée. Revenons à présent en détail sur le sujet.

La Sunna ordonne de s’abstenir d’effectuer les prières légales et interdit les prières surérogatoires à cinq moments de la journée. Trois de ces interdictions figurent dans un hadîth et concernent à la fois la prière et l’enterrement des morts. Les deux autres s’inscrivent dans un autre hadîth et ne s’appliquent que pour la prière.

Les trois premiers sont cités dans le hadîth mentionné dans le musnad de Muslim. Ibn ‘Âmir al-Jahrî a dit: “Il y a trois moments au cours desquels le Prophète r nous a interdit de prier et d’enterrer nos morts: lorsque les premiers rayons du soleil percent l’horizon jusqu’au moment où cet astre s’élève et se montre dans tout son éclat; à l’heure de midi jusqu’au moment où le soleil s’achemine vers le coucher; lorsque le soleil s’incline définitivement vers le coucher”.

Ce sont des périodes arrêtées par certains polythièstes pour prier.

Les deux autres se retrouvent dans un hadîth cité par Bukhârî et Muslim. Abû Sa‘îd al-Khudry a dit: “J’ai entendu l’Envoyé de Dieu prononcer ces mots: “Pas de prière, après celle du matin, jusqu’à ce que le soleil soit bien apparent au-dessus de l’horizon. Pas de prière, après celle de l’après-midi, jusqu’à ce que le soleil se couche complètement”.

Il en résulte que les cinq interdictions portent sur les cinq moments suivants:

Cependant, des dérogations existent en cas de force majeure. Ainsi, d’après Umm Salama, le Prophète r fit les deux rak‘a surérogatoires après la prière de l’après-midi et s’en expliqua: “J’étais occupé avec les gens de ‘Abd al-Qays, ce qui m’empêcha de m’en acquitter après la prière de midi”.

Ce qui vient d’être énoncé ne s’apprécie pas de la même manière par les quatre grandes écoles juridiques.

En effet, les hanbalites rendent illicite toute prière surérogatoire pendant les cinq périodes citées ci-dessus.

Les mâlikites jettent l’anathème uniquement sur les trois premières et n’y voient qu’un acte détestable au sujet des deux dernières.

Les hanafites qualifient d’actes détestables et prohibitifs les prières au cours de ces cinq périodes.

Pour les shâfi‘ites, les trois premières périodes sont également détestables et prohibitifs mais les deux autres relèvent d’actes détestables.